{"id":1063,"date":"2020-07-02T18:19:42","date_gmt":"2020-07-02T16:19:42","guid":{"rendered":"http:\/\/locus-solus-fr.net\/?p=1063"},"modified":"2020-08-01T12:10:40","modified_gmt":"2020-08-01T10:10:40","slug":"garbo-au-naturel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.locus-solus-fr.net\/?p=1063","title":{"rendered":"Garbo au naturel"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"375\" width=\"500\" src=\"https:\/\/lherbequitremble.fr\/blog\/cbgg01.jpg\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">On avait aim\u00e9 <em>Cinquante Ans d\u2019\u00e9l\u00e9gances et d\u2019art de vivre<\/em> (dont le titre original est plus simplement et plus joliment <em>The Glass of Fashion<\/em>). Cecil Beaton s\u2019y r\u00e9v\u00e9lait aussi bon portraitiste \u00e0 l\u2019\u00e9crit qu\u2019avec son appareil-photo. Ce talent se retrouve dans <em>les Ann\u00e9es heureuses<\/em>. Tout au plus l\u2019\u00e9criture en est-elle un peu moins tenue, ce volume \u00e9tant un extrait du volumineux journal de Beaton dont seule cette tranche a \u00e9t\u00e9 traduite en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Les Ann\u00e9es heureuses<\/em> couvre la p\u00e9riode 1945-1948. On s\u2019y prom\u00e8ne entre Paris, Londres, New York et Hollywood. On y croise Diana et Duff Cooper, Chaplin et Picasso, Cartier-Bresson et Jean Cocteau, Christian B\u00e9rard et Boris Kochno, Churchill et de Gaulle, Alexander Korda, Gertrude Stein et Alice Toklas, Edward James et Anita Loos. Beaton s\u2019active entre ses travaux de photographe et d&rsquo;ensemblier pour le th\u00e9\u00e2tre et le cin\u00e9ma, et tient m\u00eame un petit r\u00f4le dans une production \u00e0 succ\u00e8s de <em>l\u2019\u00c9ventail de Lady Windermere<\/em>. Mais ses occupations professionnelles demeurent \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan de ces pages, dont l\u2019objet principal est sa relation \u00e9pisodique et compliqu\u00e9e avec Greta Garbo, pour laquelle il \u00e9prouvait une ferveur amoureuse \u00e9videmment platonique et n\u00e9anmoins obsessionnelle. Il la d\u00e9peint fort bien au quotidien, aussi peu star et mondaine que possible, \u00e9prise d\u2019ind\u00e9pendance et de frugalit\u00e9, f\u00e9rue de jardinage, prot\u00e9geant farouchement sa vie priv\u00e9e, tour \u00e0 tour ind\u00e9cise et d\u00e9termin\u00e9e, fuyante et incroyablement pr\u00e9sente, pleine de fantaisie et de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 dans l\u2019improvisation de son emploi du temps, indiff\u00e9rente et m\u00eame hostile au souvenir de sa carri\u00e8re cin\u00e9matographique qui, apr\u00e8s la guerre, appartenait d\u00e9j\u00e0 au pass\u00e9, mais aussi en proie \u00e0 des sautes d\u2019humeur impr\u00e9visibles, et pour tout dire insaisissable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Un \u00e9pisode au hasard. Beaton, tout \u00e0 son obsession pour Garbo, s\u2019est mis en t\u00eate d\u2019aller voir en catimini \u00e0 quoi ressemble son domicile hollywoodien, cens\u00e9ment situ\u00e9 au 622 Bedford Drive. Il est atrocement d\u00e9\u00e7u en d\u00e9couvrant la villa, d\u2019un affreux mauvais go\u00fbt. Comment son idole peut-elle vivre dans un d\u00e9cor pareil ? Par la suite, il d\u00e9couvre que cette maison est en r\u00e9alit\u00e9 celle d\u2019un vague dilettante, charg\u00e9 de r\u00e9ceptionner l\u2019\u00e9norme correspondance adress\u00e9e \u00e0 Garbo et de la lui faire suivre. M\u00eame \u00e0 ses amis proches, Garbo ne donnait pas sa v\u00e9ritable adresse, si forte \u00e9tait sa manie du secret.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Beaton finit par localiser la vraie demeure de Garbo, situ\u00e9e au 904 de la m\u00eame avenue. Une maison blanche d\u2019aspect s\u00e9v\u00e8re, flanqu\u00e9e d\u2019un mur derri\u00e8re lequel se devine un jardin o\u00f9 s\u2019\u00e9panouit un grand magnolia en fleurs. \u00ab Lorsque je rentrai chez moi, je me sentis content d\u2019avoir vu une maison appropri\u00e9e \u00e0 un si bel ermite. Je m\u2019imaginais mon amie se retirant derri\u00e8re le mur pour passer des jours et des jours \u00e0 se cacher de tous, m\u00eame de sa domestique. Cette image me rapprocha d\u2019elle encore davantage. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><img decoding=\"async\" align=\"left\" src=\"http:\/\/www.locus-solus-fr.net\/img\/index.gif\" \/>Cecil BEATON, <em>les Ann\u00e9es heureuses<\/em> (<em>The Happy Years<\/em>, 1972). Traduction de Robert Latour. Les Belles Lettres, \u00ab Domaine \u00e9tranger \u00bb, 2020.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"494\" width=\"500\" src=\"https:\/\/lherbequitremble.fr\/blog\/cbgg02.jpg\" \/><br \/>\n<span class=\"note\">Greta Garbo photographi\u00e9e par Cecil Beaton<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On avait aim\u00e9 Cinquante Ans d\u2019\u00e9l\u00e9gances et d\u2019art de vivre (dont le titre original est plus simplement et plus joliment The Glass of Fashion). 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