{"id":30,"date":"2005-09-26T12:47:33","date_gmt":"2005-09-26T10:47:33","guid":{"rendered":"http:\/\/locus-solus-fr.net\/?p=30"},"modified":"2020-11-12T00:23:43","modified_gmt":"2020-11-11T22:23:43","slug":"deux-livres-de-julian-barnes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.locus-solus-fr.net\/?p=30","title":{"rendered":"Deux livres de Julian Barnes"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\"><img decoding=\"async\" align=\"left\" hspace=\"10\" src=\"http:\/\/locus-solus-fr.net\/img\/barnes01.jpg\" \/>Recueil de chroniques sur la France, sa vie de province, sa gastronomie, ses courses cyclistes, sa litt\u00e9rature et son cin\u00e9ma, ses peintres et ses chanteurs. Le chapitre sur Godard et Truffaut\u00a0 est assez d\u00e9cevant. Barnes est bien plus \u00e0 son affaire lorsqu&rsquo;il parle litt\u00e9rature : Baudelaire, Mallarm\u00e9, et surtout deux cents pages passionnantes sur Flaubert, \u00e9voqu\u00e9 \u00e0 travers sa correspondance et ses carnets de travail. Le tout se conclut par un article \u00e9patant sur le statut du personnage secondaire au sein d&rsquo;une composition romanesque, \u00e0 travers l&rsquo;exemple de la destin\u00e9e du Justin de <em>Madame Bovary<\/em>, dont Barnes montre qu&rsquo;elle est une sorte de miroir en r\u00e9duction du roman tout entier, con\u00e7u pour passer pratiquement inaper\u00e7u, comme un d\u00e9tail cach\u00e9 dans une fresque et qui la r\u00e9sume tout enti\u00e8re. Un mod\u00e8le de narratologie appliqu\u00e9e comme elle devrait toujours l&rsquo;\u00eatre : aussi passionnante qu&rsquo;une enqu\u00eate de Sherlock Holmes, attentive au texte, non jargonnante, et riche d&rsquo;enseignements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><img decoding=\"async\" align=\"right\" hspace=\"10\" src=\"http:\/\/locus-solus-fr.net\/img\/barnes02.jpg\" \/>Il y a, dans <em>Quelque chose \u00e0 d\u00e9clarer<\/em>, une page hilarante sur la difficult\u00e9 de r\u00e9ussir une recette <em>by the book<\/em> ; on croirait se voir soi-m\u00eame \u00e0 l&rsquo;oeuvre aux fourneaux. C&rsquo;est tout le sujet d&rsquo;<em>Un homme dans sa cuisine<\/em>, o\u00f9 Barnes raconte ses angoisses, ses r\u00e9ussites et ses \u00e9checs culinaires. Le titre anglais, <em>The Pedant in the Kitchen<\/em>, est beaucoup plus dr\u00f4le et en accord avec le ton du livre. Car l&rsquo;humour de ces chroniques vient de ce que le p\u00e9dant en question est au fond victime d&rsquo;une d\u00e9formation professionnelle : celle du litt\u00e9raire qui ne peut s&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;envisager une recette comme un <em>texte<\/em>, justiciable d&rsquo;une lecture aussi serr\u00e9e que, disons, un sonnet de Mallarm\u00e9 \u2014 fatale erreur. Si vous \u00eates un anxieux obsessionnel ; si vous aimez faire la cuisine sans pr\u00e9disposition particuli\u00e8re pour l&rsquo;invention personnelle et que vous \u00eates donc oblig\u00e9 de confier votre sort \u00e0 des livres de recettes ; si vous vous \u00eates r\u00e9guli\u00e8rement arrach\u00e9 les cheveux devant l&rsquo;impr\u00e9cision ou les contradictions flagrantes des dites recettes en essayant de les suivre \u00e0 la lettre (la cuiller\u00e9e, rase ou bomb\u00e9e ?), alors ce livre savoureux est pour vous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><img decoding=\"async\" align=\"left\" src=\"http:\/\/www.locus-solus-fr.net\/img\/index.gif\" \/> Julian BARNES, <em>Quelque chose \u00e0 d\u00e9clarer<\/em>. Traduction de Jean-Pierre Aoustin. Gallimard, Folio n\u00b0 4242, 2005, 410 p.<br \/>\n<img decoding=\"async\" align=\"left\" src=\"http:\/\/www.locus-solus-fr.net\/img\/spacer.gif\" \/> <em>Un homme dans sa cuisine<\/em>. Traduction de Josette Chicheportiche. Mercure de France, 2005, 153 p.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Recueil de chroniques sur la France, sa vie de province, sa gastronomie, ses courses cyclistes, sa litt\u00e9rature et son cin\u00e9ma, ses peintres et ses chanteurs. Le chapitre sur Godard et Truffaut\u00a0 est assez d\u00e9cevant. 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