{"id":304,"date":"2009-03-31T21:38:44","date_gmt":"2009-03-31T19:38:44","guid":{"rendered":"http:\/\/locus-solus-fr.net\/?p=304"},"modified":"2009-05-15T15:43:26","modified_gmt":"2009-05-15T13:43:26","slug":"ce-quils-lisent-14","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.locus-solus-fr.net\/?p=304","title":{"rendered":"Ce qu&rsquo;ils lisent"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\"><font color=\"#000080\"><strong>25 mars<\/strong><\/font><br \/>\n<strong>Li\u00e8ge-Guillemins<\/strong><br \/>\n&#8211; Quai n\u00b0 3, une jeune femme brune attend le train avec <em>Acide sulfurique<\/em> d\u2019Am\u00e9lie Nothomb.<br \/>\n<strong>Dans le Thalys Li\u00e8ge-Paris<\/strong><br \/>\n&#8211; Une dame a pos\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle <em>Ich bin dann mal weg<\/em> de Hape Kerkeling.<br \/>\n&#8211; Assis c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, une quinquag\u00e9naire \u00e0 lunettes vertes design est plong\u00e9e dans <em>Revelation<\/em> de C.J. Sansom, tandis que son voisin, la quarantaine un peu d\u00e9plum\u00e9e, lit <em>Zwischen Freiheit und Bindung<\/em> de Friedhelm Mennekes. Plus tard, il remettra son livre dans le filet devant lui, o\u00f9 il rejoindra un exemplaire \u00e0 couverture rouge de <em>Lenz<\/em> de B\u00fcchner.<br \/>\n&#8211; Trois personnes potassent des guides touristiques de Paris.<br \/>\n&#8211; De nouveaux voyageurs embarquent \u00e0 Bruxelles. Un monsieur \u00e0 lunettes et cheveux blancs tr\u00e8s courts sort de son sac <em>le Dieu de demain<\/em> de Neale Donald Walsch. Un barbu extr\u00eamement nerveux entre lest\u00e9 d\u2019une copieuse th\u00e8se de doctorat dirig\u00e9e par Jean Arlaud (ethnologue et professeur \u00e9m\u00e9rite) qui sera soutenue demain dans une universit\u00e9 parisienne, et dont j\u2019ai du mal \u00e0 d\u00e9chiffrer le titre : <em>[\u2026] jeux : une formule enfantine<\/em> (?). Il n\u2019en parcourra gu\u00e8re que l\u2019introduction, d\u00e9j\u00e0 annot\u00e9e par lui de quelques traits dans la marge.<br \/>\n&#8211; En allant chercher un caf\u00e9-vendu-au-prix-du-caviar, je rep\u00e8re encore une lectrice de Jo Nesb\u00f8,  un lecteur de Terry Goodkind, une lectrice de Carl Hiaasen, un lecteur du <em>Guerrier solitaire<\/em> de Henning Mankell, un exemplaire d\u2019Anna Gavalda en traduction allemande pos\u00e9 sur une tablette (<em>Zusammen ist man weniger allein<\/em>), et trois ou quatre autres lecteurs. Une malheureuse jeune femme se trouve assise au milieu d\u2019un groupe de trois personnes en pleine r\u00e9union de travail, ordinateurs portables ouverts sur les genoux, et t\u00e2che de se concentrer sur son livre : <em>Eine Nacht\u2026<\/em> quelque chose.<br \/>\n<strong>Paris<\/strong><br \/>\n&#8211; Ligne 9, direction mairie de Montreuil. Une femme aux cheveux ch\u00e2tain, \u00e0 la mine d\u00e9faite, les yeux tr\u00e8s cern\u00e9s, lit <em>Tea Time for the Traditionaly Built<\/em> d\u2019Alexander McCall Smith. Elle descend \u00e0 Havre-Caumartin. \u00c0 cette m\u00eame station monte une dame corpulente qui ouvre <em>Un cadavre de trop<\/em> d\u2019Ellis Peters. Elle lit en remuant les l\u00e8vres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><font color=\"#000080\"><strong>26 mars<\/strong><\/font><br \/>\n&#8211; Ligne 9, direction mairie de Montreuil. Trois lectrices dans le wagon, une brune et deux rousses. La brune est captiv\u00e9e par un roman fantastique (?), <em>Twilight\u2026<\/em> quelque chose. La rousse n\u00b0 1 lit un roman russe dont le nom de l\u2019auteur finit par \u00ab\u2026kikov \u00bb ou \u00ab \u2026kilkov \u00bb. Assise sur un strapontin, la deuxi\u00e8me rousse, plus \u00e2g\u00e9e, est plong\u00e9e dans <em>Seconde Fondation<\/em> d\u2019Isaac Asimov.<br \/>\n&#8211; Ligne 2, direction Nation, une jeune femme assise dans un coin du wagon lit <em>Mon Faust<\/em> de Val\u00e9ry. Elle descend \u00e0 La Chapelle avec son sac tiss\u00e9 multicolore.<br \/>\n&#8211; Ligne 11, direction Chatelet, un quinquag\u00e9naire portant un coupe-vent de marin ouvert sur un pull jacquard para\u00eet fort appr\u00e9cier <em>1984<\/em> d\u2019Orwell. Il sort \u00e0 R\u00e9publique.<br \/>\n&#8211; Ligne 9, direction Pont de S\u00e8vres, un moustachu au visage pointu, coiff\u00e9 d\u2019une casquette, feuillette le dernier num\u00e9ro de la revue <em>XXI<\/em>. Mont\u00e9e \u00e0 Miromesnil, une baba cool s\u2019assoit sur un strapontin et ouvre <em>le Chat du Kimonov<\/em> de Nancy Pe\u00f1a.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><font color=\"#000080\"><strong>27 mars<\/strong><\/font><br \/>\n&#8211; Ligne 4, direction Cr\u00e9teil, deux lectrices se font face, une brune et une blonde. La dame brune lit en remuant les l\u00e8vres. Assis un peu plus loin sur son gros sac, un jeune homme s&rsquo;absorbe dans un manga.<br \/>\n&#8211; Pr\u00e8s de Beaubourg, \u00e0 la terrasse couverte du restaurant Le p\u00e8re fouettard, un homme termine son caf\u00e9 en lisant un roman de James Patterson.<br \/>\n&#8211; Ligne 10, direction Austerlitz, un jeune homme tr\u00e8s propre sur lui, \u00e0 la peau de b\u00e9b\u00e9, v\u00eatu d\u2019un improbable complet bleu qui para\u00eet sortir du pressing, lit <em>Tristes Tropiques<\/em> de L\u00e9vi-Strauss. Il me rappelle Adam Sandler dans <em>Punch Drunk Love<\/em>. Plus loin, sur un strapontin, une jeune femme est plong\u00e9e dans le roman de Hugh Laurie, <em>Tout est sous contr\u00f4le<\/em>. Ils descendent tous deux \u00e0 Jussieu. Dans l\u2019intervalle, \u00e0 Cardinal-Lemoine, est mont\u00e9e une ameugnonnante jeune femme, qui ouvre <em>Down and Out in Paris and London<\/em> d\u2019Orwell, dans l\u2019\u00e9dition Essential Penguin. La fine mouche descend \u00e0 Austerlitz et prend la correspondance de la ligne 4, en direction de la Porte de Clignancourt.<br \/>\n&#8211; Ligne 8, direction Cr\u00e9teil, une dame \u00e0 la chevelure \u00e9paisse et tr\u00e8s noire faisant contraste avec son extravagant manteau de tissu \u00e9ponge orange vif, se d\u00e9lecte manifestement des <em>D\u00e9sarrois de Ned Allen<\/em> de Douglas Kennedy.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><font color=\"#000080\"><strong>28 mars<\/strong><\/font><br \/>\n&#8211; Sur le quai de la station Grands Boulevards passe une dame aux cheveux gris, v\u00eatue d\u2019un manteau noir, et tenant en main une pi\u00e8ce de Brecht publi\u00e9e aux \u00e9ditions de l\u2019Arche.<br \/>\n&#8211; Ligne 4, direction Cr\u00e9teil, une jeune femme en talons hauts vient de commencer <em>Belle du seigneur<\/em> d\u2019Albert Cohen. Elle sourit.<br \/>\n&#8211; Une jeune femme fait les cent pas \u00e0 Saint-Michel sur le quai de la ligne C du RER en lisant <em>la Petite Folie<\/em> d\u2019Alexandra Lemasson. Elle embarque dans la rame en direction de Versailles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><font color=\"#000080\"><strong>29 mars<\/strong><\/font><br \/>\n&#8211; Dans le RER qui nous ram\u00e8ne de Saint-Quentin \u00e0 Paris, une jeune m\u00e8re tente de lire <em>la Conjuration des imb\u00e9ciles<\/em> de John Kennedy Toole. Elle est interrompue toutes les trente secondes par son bambin d\u2019un an et demi qui joue avec une petite voiture.<br \/>\n&#8211; Sur le quai de la station Invalides, un homme poivre et sel, chaussures de montagnard et havresac au dos (on dirait une ic\u00f4ne pour publicit\u00e9 exaltant la vie au grand air) lit <em>le Dernier Coyotte<\/em> de Michael Connelly.<br \/>\n&#8211; Deux lectrices c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te dans une rame filant en direction de Saint-Denis. La blonde peroxyd\u00e9e en cir\u00e9 noir lit <em>les Grands Ma\u00eetres des templiers<\/em> d\u2019In\u00e8s Nollier. La petite brune s\u00e9rieuse, <em>David Golder<\/em> d\u2019Ir\u00e8ne N\u00e9mirovsky.<br \/>\n&#8211; Ligne 4, direction Cr\u00e9teil, deux jeunes femmes en vis-\u00e0-vis. L\u2019une est plong\u00e9e dans <em>le Dernier Templier<\/em> de Raymond Khoury, l\u2019autre range dans son sac <em>Raison et sentiments<\/em> de Jane Austen. Sur la banquette d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9, un monsieur moustachu portant des pantalons ray\u00e9s blancs ouvre un petit livre d\u2019initiation \u00e0 la g\u00e9opolitique qu\u2019il lit consciencieusement, en remuant les l\u00e8vres presque mot \u00e0 mot (c\u2019est fou le nombre de gens qui lisent en remuant les l\u00e8vres).<br \/>\n&#8211; Un jeune homme descend l\u2019escalier du m\u00e9tro Grands Boulevards en lisant un court Dosto\u00efevski publi\u00e9 chez Babel. C\u2019est si prenant qu\u2019il s\u2019arr\u00eate entre deux vol\u00e9es de marches pour terminer son chapitre.<br \/>\n&#8211; Ligne 8, direction Ballard. Une blonde menue descend \u00e0 Op\u00e9ra, tenant en main <em>la Folle Allure<\/em> de Christian Bobin. Un lecteur est assis sur un banc du quai, qui laisse passer la rame sans embarquer.<\/p>\n<p><font color=\"#000080\"><strong>30 mars<\/strong><\/font><br \/>\n&#8211; Un homme emprunte la rue de Chabrol d\u2019un pas nonchalant, tenant un Folio \u00e0 la main. Trop loin pour que je puisse lire le titre, et impossible \u00e0 suivre avec mes bagages.<br \/>\n<strong>Dans le Thalys Paris-Li\u00e8ge<\/strong><br \/>\n&#8211; Une blonde pinc\u00e9e lit <em>Zimmer Nr. 10<\/em> d\u2019\u00c5ke Edwardson.<br \/>\n&#8211; Pos\u00e9 sur une tablette, un exemplaire des <em>Chroniques de l\u2019oiseau mort<\/em> de Haruki Murakami.<br \/>\n&#8211; Dans la voiture bar, une femme en pull rouge d\u00e9vore un roman de Jean-Christophe Grang\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.locus-solus-fr.net\/img3\/ceq.jpg\" height=\"326\" width=\"500\" \/><br \/>\n<span class=\"note\">Ce qu&rsquo;ils lisent : carnet d&rsquo;enqu\u00eate.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>25 mars Li\u00e8ge-Guillemins &#8211; Quai n\u00b0 3, une jeune femme brune attend le train avec Acide sulfurique d\u2019Am\u00e9lie Nothomb. Dans le Thalys Li\u00e8ge-Paris &#8211; Une dame a pos\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle Ich bin dann mal weg de Hape Kerkeling. &#8211; Assis c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, une quinquag\u00e9naire \u00e0 lunettes vertes design est plong\u00e9e dans Revelation de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[19],"tags":[],"class_list":["post-304","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ce-quils-lisent"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.locus-solus-fr.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/304","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.locus-solus-fr.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.locus-solus-fr.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.locus-solus-fr.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.locus-solus-fr.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=304"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.locus-solus-fr.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/304\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.locus-solus-fr.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=304"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.locus-solus-fr.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=304"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.locus-solus-fr.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=304"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}