{"id":546,"date":"2012-04-09T13:12:05","date_gmt":"2012-04-09T11:12:05","guid":{"rendered":"http:\/\/locus-solus-fr.net\/?p=546"},"modified":"2012-04-16T09:34:33","modified_gmt":"2012-04-16T07:34:33","slug":"baffo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.locus-solus-fr.net\/?p=546","title":{"rendered":"Baffo"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.locus-solus-fr.net\/img8\/baf01.jpg\" height=\"375\" width=\"500\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.locus-solus-fr.net\/img8\/baf02.jpg\" height=\"375\" width=\"500\" \/><br \/>\n<span class=\"note\">Campo San Maurizio<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De Zorzi ou Giorgio Baffo, qu\u2019admiraient Stendhal, Apollinaire, Desnos et Mandiargues, j\u2019aurais aim\u00e9 citer ici quelques-uns de mes textes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, mais mon exemplaire des <em>\u0152uvres \u00e9rotiques<\/em> (Zulma, pr\u00e9face de Pascal Dibi\u00e9) semble avoir disparu dans les profondeurs de la biblioth\u00e8que. L\u2019\u00e9dition Zulma reprend la traduction en prose du chevalier de Ribeaucourt (1876). La Musardine a r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en deux volumes la traduction en vers d\u2019Alcide Bonneau publi\u00e9e en 1884 par Isidore Liseux. Enfin, le po\u00e8te Maurice Regnault (1928-2006) avait traduit un ensemble de sonnets, paru en 1983 chez Action po\u00e9tique (voir <a href=\"http:\/\/www.maurice-regnaut.com\/public\/lui\/tr\/baffo\/toutfait.htm\" title=\"Tout fait pleurer, hormis d\u2019aller en con\" target=\"_blank\">ici<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.maurice-regnaut.com\/public\/lui\/tr\/baffo\/jouissan.htm\" title=\"Jouissances vraies du paradis\" target=\"_blank\">l\u00e0<\/a>). On a donc le choix. En attendant, voici quelques extraits du fameux texte d\u2019Apollinaire (introduction \u00e0 l\u2019anthologie des \u00ab Ma\u00eetres de l\u2019amour \u00bb, 1910, reprise dans <em>les Diables amoureux<\/em>, Gallimard, 1964).<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Baffo, ce fameux v\u00e9rol\u00e9, surnomm\u00e9 l\u2019obsc\u00e8ne, que l\u2019on peut regarder comme le plus grand po\u00e8te priapique qui ait jamais exist\u00e9 et en m\u00eame temps comme l\u2019un des po\u00e8tes les plus lyriques du XVIII<span style=\"vertical-align: 4px; font-size: 70%\">e<\/span> si\u00e8cle, \u00e9crivait dans ce patois v\u00e9nitien qu\u2019ont illustr\u00e9 un grand nombre d\u2019ouvrages remarquables dans tous les genres. [\u2026]<br \/>\nLe patois v\u00e9nitien a une douceur unique. La gr\u00e2ce et la mollesse s\u2019y m\u00ealent dans des proportions si justes qu\u2019il favorise avant tout le lyrisme \u00e9rotique bien qu\u2019une litt\u00e9rature patoise soit presque toujours satirique. On peut dire qu\u2019\u00e0 Venise, la satire fut surtout voluptueuse. [\u2026]<br \/>\nLes po\u00e8mes de Baffo ne parurent pas de son vivant. Trois ans apr\u00e8s sa mort, ses amis firent para\u00eetre un recueil qui contenait pr\u00e8s de deux cents pi\u00e8ces. L\u2019\u00e9dition de 1789, due \u00e0 l\u2019admiration que Lord Pembroke \u00e9prouvait pour le po\u00e8te v\u00e9nitien, en contient un nombre beaucoup plus grand. L\u2019\u00e9dition de Liseux qui comporte le texte et une traduction fran\u00e7aise donne quelques pi\u00e8ces in\u00e9dites. [\u2026]<br \/>\nCe po\u00e8te qui fit souvent songer \u00e0 Horace avait avant tout du bon sens, et la raison ne g\u00eanait point son lyrisme.<br \/>\nPour ce qui est de son obsc\u00e9nit\u00e9, on peut r\u00e9pondre que le Baffo a chant\u00e9 ce qu\u2019il a voulu et que ce qu\u2019il a voulu chanter \u00e9tait ce qui lui plaisait le plus : l\u2019amour. Il l\u2019a fait en toute libert\u00e9 et avec une grandeur que le patois v\u00e9nitien ne paraissait pas devoir rendre. [\u2026]<br \/>\nLe Baffo \u00e9tait content de son \u00e9poque, il \u00e9tait heureux de vivre, et de vivre \u00e0 Venise, ville amphibie, cit\u00e9 humide, sexe femelle de l\u2019Europe.<br \/>\nSans le Baffo, on n\u2019imaginerait pas tout ce que fut la d\u00e9cadence pleine de volupt\u00e9 de la S\u00e9r\u00e9nissime R\u00e9publique. Par lui nous connaissons la vie sexuelle de Venise, les f\u00eates, les Osterie, les Casinos, le Jeu, les Ballerines, les Nonnes libertines. Il n\u2019est pas de petit \u00e9v\u00e9nement que le Baffo ne chante avec une obsc\u00e9nit\u00e9 sublime : c\u2019est la venue du duc d\u2019York, c\u2019est l\u2019\u00e9lection d\u2019un nouveau pape, ce sont les d\u00e9buts d\u2019une actrice, ce sont les m\u00e9saventures des j\u00e9suites.<br \/>\nLes po\u00e9sies manuscrites du Baffo couraient la ville. Les jeunes femmes les lisaient en go\u00fbtant des sorbets. Cette soci\u00e9t\u00e9 raffin\u00e9e qui vivait \u00e0 l\u2019anglaise \u00e9tait frapp\u00e9e par un lyrisme auquel les po\u00e8tes de l\u2019\u00e9poque ne l\u2019avaient point accoutum\u00e9e.<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Campo San Maurizio De Zorzi ou Giorgio Baffo, qu\u2019admiraient Stendhal, Apollinaire, Desnos et Mandiargues, j\u2019aurais aim\u00e9 citer ici quelques-uns de mes textes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, mais mon exemplaire des \u0152uvres \u00e9rotiques (Zulma, pr\u00e9face de Pascal Dibi\u00e9) semble avoir disparu dans les profondeurs de la biblioth\u00e8que. L\u2019\u00e9dition Zulma reprend la traduction en prose du chevalier de Ribeaucourt (1876). 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