{"id":748,"date":"2015-08-16T16:53:30","date_gmt":"2015-08-16T14:53:30","guid":{"rendered":"http:\/\/locus-solus-fr.net\/?p=748"},"modified":"2016-08-27T18:11:35","modified_gmt":"2016-08-27T16:11:35","slug":"monsieur-lecoq-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.locus-solus-fr.net\/?p=748","title":{"rendered":"Monsieur Lecoq (1)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.locus-solus-fr.net\/img11\/eglec.jpg\" height=\"375\" width=\"500\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c9mile Gaboriau, c\u2019est une mention dans l\u2019histoire litt\u00e9raire au titre de pionnier du roman policier. Ouvrant <em>Monsieur Lecoq<\/em> (1869), on craint de tomber sur une curiosit\u00e9 arch\u00e9ologique quelque peu poussi\u00e9reuse. Eh bien, pas du tout. D\u00e8s les premi\u00e8res pages, on est \u00e9pat\u00e9 par le talent narratif du bonhomme, le relief des personnages, et l\u2019on s\u2019\u00e9tonne que Gaboriau ne jouisse pas d\u2019une r\u00e9putation \u00e9gale \u00e0 celle du meilleur F\u00e9val (celui des <em>Myst\u00e8res de Londres<\/em>). <em>Monsieur Lecoq<\/em>, \u00e0 l\u2019instar de l&rsquo;admirable <em>Pierre de lune<\/em> de Wilkie Collins, prouve que les \u0153uvres fondatrices d\u2019un genre ne sont pas forc\u00e9ment des brouillons t\u00e2tonnants mais que, comme disait l\u2019autre, \u00ab ce qui est grand a commenc\u00e9 grand \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Gaboriau se situe \u00e0 la crois\u00e9e des chemins : c\u2019est le cha\u00eenon manquant entre Edgar Poe et Conan Doyle (cf. billet suivant) ; le trait d\u2019union entre Eug\u00e8ne Sue et Balzac d&rsquo;une part, Maurice Leblanc et Gaston Leroux d&rsquo;autre part. Dans <em>Monsieur Lecoq<\/em> se croisent ainsi des rebondissements feuilletonesques aux accents de m\u00e9lodrame populaire (c\u2019est l\u2019h\u00e9ritage de Sue), une physiologie de la rue parisienne, un tableau de soci\u00e9t\u00e9 embrassant toutes ses strates, depuis les bouges inf\u00e2mes des barri\u00e8res jusqu\u2019aux beaux quartiers du faubourg Saint-Germain (c\u2019est l\u2019h\u00e9ritage de Balzac). Et ces \u00e9l\u00e9ments sont refondus dans une forme nouvelle qui est celle du roman policier, anticipant m\u00eame le roman proc\u00e9dural \u00e0 la Ed McBain. Au fil de l\u2019enqu\u00eate men\u00e9e par l\u2019intr\u00e9pide Lecoq, le livre se r\u00e9v\u00e8le en effet un document passionnant sur les m\u00e9thodes polici\u00e8res au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, Gaboriau faisant montre d\u2019une fibre quasi p\u00e9dagogique pour initier ses lecteurs aux m\u00e9thodes de la m\u00e9decine l\u00e9gale, aux pouvoirs du juge d\u2019instruction, aux techniques d\u2019interrogatoire, au fonctionnement du D\u00e9p\u00f4t et de la morgue, au transfert des d\u00e9tenus dans le panier \u00e0 salade.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ajoutons qu&rsquo;avec Lecoq, Gaboriau a forg\u00e9 l\u2019arch\u00e9type du fin limier \u2013 plus incarn\u00e9, moins froidement logicien que le Dupin de Poe, lequel est plus une id\u00e9e en action qu&rsquo;un personnage de chair et de sang. \u00c0 ce titre, <em>tous<\/em> les auteurs qui l\u2019ont suivi depuis un si\u00e8cle et demi lui doivent quelque chose. Parmi les attributs secondaires que lui ont emprunt\u00e9s ses successeurs, on signalera la pr\u00e9sence presque po\u00e9tique d\u2019un axiome qui revient comme un refrain et dicte au h\u00e9ros sa r\u00e8gle de conduite. Celui de Lecoq est : \u00ab En mati\u00e8re d\u2019information, se d\u00e9fier surtout de la vraisemblance. Commencer toujours par croire ce qui para\u00eet incroyable. \u00bb Celui de Sherlock Holmes sera : \u00ab Une fois \u00e9limin\u00e9 l\u2019impossible, ce qui reste, aussi improbable soit-il, est n\u00e9cessairement la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb ; et celui de Rouletabille : \u00ab Il s\u2019agit de prendre la raison par le bon bout. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9mile Gaboriau, c\u2019est une mention dans l\u2019histoire litt\u00e9raire au titre de pionnier du roman policier. Ouvrant Monsieur Lecoq (1869), on craint de tomber sur une curiosit\u00e9 arch\u00e9ologique quelque peu poussi\u00e9reuse. Eh bien, pas du tout. 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