V.I.P.

On n’en attend qu’un cette année.


vendredi 15 février 2019 | Grappilles,Le monde du livre | Aucun commentaire


Le truc, c’est l’art

Il m’arrive encore de souffrir lorsque des spectatrices de Tarzan parlent de trucs, des faux lions de Hollywood. Certes, mesdames, le truc c’est l’art. […] et somme toute, il est moins facile de faire un lion avec une descente de lit, qu’une descente de lit avec un lion.

Jean Cocteau, Portraits-Souvenir (1935).
Grasset, « Les Cahiers rouges », 2003.


lundi 4 février 2019 | Grappilles | Aucun commentaire


Les vérites désagréables

There is no doubt that Diana Vreeland disdained an inconvenient truth in a manner that could be startling. She once ejected a friend from her apartment, the jewelry designer Kenneth Jay Lane, for suggesting that her beloved England had been invaded by the Normans.

Amanda Mackenzie Stuart, Diana Vreeland. Empress of Fashion.
Thames & Hudson, 2013.


mercredi 30 janvier 2019 | Grappilles | Aucun commentaire


Charme des bibliothèques de province

De Lyon, le 6 septembre 1910, Larbaud écrit à Léon Werth :

Je suis venu ici pour consulter quelques ouvrages à la bibliothèque municipale, qui n’est pas bien fournie à l’article « Belles Lettres » ; et quant aux livres étrangers, il vaut mieux n’en point parler. L’entrée de cette bibliopole ressemble à l’entrée d’un bouge, et l’on est surpris de ne pas entendre, du premier palier, une voix féminine crier : On peut monter !

Valery Larbaud, Lettres d’un retiré. La Table ronde, 1992.


samedi 17 novembre 2018 | Bibliothèques,Grappilles | Aucun commentaire


La vie comme un film

Bourrieu revint sur ses pas : le casino l’attirait. […] Il se dirigea vers une table de jeu sans très bien se souvenir du film dans lequel il se faufilait. Jules Berry, Gregory Peck, George Raft s’emparèrent successivement de sa démarche.

Bernard Frank, les Rats (1953).
Flammarion, 1985.


vendredi 14 septembre 2018 | Grappilles | Aucun commentaire


Rentrée


Livres Hebdo, 28 août 2018

 

On évalue à cent millions le nombre de livres pilonnés chaque année en France. Si le pilon disparaissait pendant un demi-siècle, cinq milliards de livres supplémentaires obstrueraient l’espace français. Et l’espace mondial, pendant le même temps ? Quel serait sur lui l’effet d’une centaine de milliards de livres ? Cette perspective asphyxiante me rend le pilonnage sympathique, y compris celui de mes livres.

Jean-Pierre Issenhuth, Chemin de sable. Carnet 2007-2009.
Fides, 2010.


samedi 1 septembre 2018 | Actuelles,Grappilles | Aucun commentaire


La ville imaginaire dans la cité réelle

Il ne semble pas possible de rendre compte de l’évolution si rapide et si décidée de l’architecture du XVIe en Italie, sans faire intervenir les expériences, parfois décisives, constituées par les décors provisoires et fictifs des « fêtes ». Les grandes « entrées », comme celle de Léon X à Florence en 1515, amènent l’insertion d’une ville imaginaire dans la cité réelle ; or, cette ville imaginaire est définie par des arcs de triomphe, des portiques, des édifices polygonaux, pyramidaux, etc., qui récapitulent les prestiges de l’architecture classique ; on en prend aisément une idée d’après les compositions de marqueterie figurant des « villes idéales » ou les panneaux peints imités de panneaux d’intarsio (à notre avis, il s’agit moins de compositions scéniques que de répertoires généraux de formes monumentales). Le trait essentiel de ces compositions est l’homogénéité du style et la pureté formelle. Les ensembles imaginaires ne sont pas de vagues rêveries ; ce sont des exercices abstraits, indispensables au réglage des styles. L’architecture des fêtes sera la première à en tirer parti, avant les réalisations monumentales qui ne seront souvent que la traduction durable des modèles occasionnels mais somptueux échafaudés pour les manifestations publiques. Si l’on examine de près la transformation progressive des cités à la Renaissance, il est clair que l’urbanisme imaginaire a toujours précédé les réalités et que l’un des ressorts concrets des fictions architecturales utiles était le stimulant des apparati.

André Chastel, « Palladio et l’art des fêtes » (1960),
dans Palladiana, Gallimard, « Arts et artistes », 1995.


P. A. Da Modena, marqueterie, v. 1489.
(Padoue, Basilique Saint-Antoine)


samedi 4 août 2018 | Grappilles | Aucun commentaire