De l’épaisseur

La lutte contre la pollution verbale continue. Épinglant un bel exemple de langue de bois culturelle comme il en pleut à longueur de communiqués, Éric Derobert a trouvé la formule qui fait mouche. C’est dans le « Bloc-notes » du dernier Positif (no 598, décembre 2010).

Soutien à la numérisation des cinémas Art et Essai du département de l’Essonne. Prise en charge de 10 à 30 % des coûts, en fonction du nombre de salles. […] L’épaisseur communicante du communiqué de presse du 30 septembre (« convenir ensemble du périmètre et des perspectives d’un travail collaboratif ») a de quoi décourager.

Épaisseur communicante : on ne saurait mieux dire, c’est parfait. On ne se fera pas faute de la replacer.


vendredi 10 décembre 2010 | Grappilles | 3 commentaires


Chambres


Bruxelles, chez l’homme aux 12 000 CD.
(Les livres sont dans la pièce d’à côté.)


jeudi 9 décembre 2010 | Chambres | 3 commentaires


Ceux qui lisent


La lecture de demain. Dans le Thalys, deux jeunes Japonais lisent chacun un manga
en VO sur leur Smartphone, en faisant défiler les cases avec le pouce.


À Bruxelles et entre Bruxelles et Liège, en novembre et décembre 2010.


mercredi 8 décembre 2010 | Ce qu'ils lisent | Aucun commentaire


La poésie ce matin (7)

un matin on regarde ses mains
sans comprendre
on cherche des clés dans ses poches
et c’est toute la vie qu’on perd
on se retourne encore une fois
il n’y a déjà plus personne
une voix demande les petits, ça va ?
quelque chose se déchire
dans le corps c’est déjà la nuit
on empile des assiettes et toute cette bouillie
toute cette absence dans la gorge
on serre les dents pour qu’aucun cri aucune peur rien
quelqu’un tousse demande encore ils ne sont pas
malades au moins ?

on a les mains coupées par le noir

Véronique Daine, la Division des choses.
Le Taillis Pré, 2010


dimanche 5 décembre 2010 | La poésie ce matin | Aucun commentaire


Quatre pingouins verts


vendredi 26 novembre 2010 | À la brocante | 2 commentaires


La chambre rouge


Nous ne sommes pas dans un film de David Lynch,
mais à Paris (France), à l’Hôtel Paris-France
(chambre 40, pour ceux qui voudraient tester).


lundi 22 novembre 2010 | Chambres | 1 commentaire


Nous l’aimions tant, Mimi


Les Double Six autour de Quincy Jones.
Deuxième en partant de la droite, Mimi Perrin.

Comme si le temps plombé ne suffisait pas à nous foutre un cafard d’encre, on apprend avec tristesse la mort de Mimi Perrin. Fondé à l’orée des années 1960, Les Double Six reste le groupe vocal le plus enchanteur de l’histoire du jazz. Dans le sillage du trio américain Lambert, Hendricks et Ross, Mimi Perrin et sa bande y relevaient le défi de transposer vocalement des versions instrumentales de grands thèmes de jazz, solos compris, en restituant non seulement, à la triple croche près, le phrasé des versions d’origine, mais aussi le timbre et l’articulation des instrumentistes (comparer par exemple le Westwood Walk original de Gerry Mulligan et Chet Baker avec celui des Double Six, une de leurs plus belles réussites). La perfection renversante de ce travail vocal acrobatique n’avait d’égale que l’humour et l’invention verbale des textes français, écrits par Mimi Perrin. Et puis, reprendre Naima de Coltrane, il fallait oser, et sa voix nous y colle le grand frisson à chaque écoute.
Mimi Perrin avait entrepris par la suite une carrière de traductrice. On avait plaisir à retrouver son nom sur la page de titre des romans de John Le Carré, qu’elle traduisait avec sa fille Isabelle depuis 1989.

[audio:http://home.scarlet.be/~th046862/zk/ds01.mp3]

Doodlin’ / Tout en dodelinant (Horace Silver)
Jean-Claude Briodin, Jacques Denjean, Claude Germain, Christiane Legrand, Mimi Perrin, Ward Swingle (voix)
Art Simons (p), Michel Gaudry (cb), Christian Garros (bt).
Paris, 1960.

[audio:http://home.scarlet.be/~th046862/zk/ds02.mp3]

Naima (John Coltrane)
Mimi Perrin (voix)
Georges Arvanitas (p), Michel Gaudry (cb), Daniel Humair (bt).
Paris, 1961.

À écouter aussi, l’épatant Tickle Toe chez Tatum, qui exhume en outre une friandise : Mimi Perrin faisant la choriste sur Itsy bitsy petit bikini de Richard Anthony (on ignorait ça !).

 


mercredi 17 novembre 2010 | Dans les oneilles | 3 commentaires