Cartes postales

En vacances dans le Bourbonnais, D.A. m’envoie une carte postale :

Ah ! Vivement un val ombreux
Afin qu’y reposer je puisse
Mon pauvre séant douloureux
Car à vélo le plus scabreux
Ce n’est ni le rein ni la cuisse
Mais ce qui est entre les deux…

À quoi je réponds tout à trac :

Qu’au vélo, désormais, ton fondement meurtri
Préfère le cheval : à cheval, les culs rient !


mercredi 16 août 2006 | Les loisirs de la poste | Aucun commentaire


Chambres imaginaires

À Lisbonne un dimanche après-midi, vous descendez au Rato. Un peu plus haut, derrière l’aqueduc dont les arches sont comme une entrée dérobée donnant sur un autre monde, le petit square ombragé d’Amoreiras est un retrait secret à l’écart du temps et de l’animation urbaine. Les oiseaux se baignent dans la fontaine – les pigeons prennent littéralement leur douche sous le jet d’eau -, des enfants jouent. Sur les bancs, un couple d’amoureux, un lecteur solitaire, des vieilles dames qui papotent. Vous entrez au Musée Arpad Szenes-Vieira da Silva, un petit musée comme vous les aimez, discret, lumineux et peu fréquenté – en tout cas le dimanche. Il y a là, vous le découvrez en entrant, une exposition temporaire d’un peintre que vous ne connaissez pas, Nikias Skapinakis. Coup de foudre.

L’exposition s’intitule Quartos imaginários. Skapinakis a eu l’idée merveilleuse de représenter les chambres imaginaires de peintres et d’écrivains : Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Klee, Schiele, Chagall, Matisse, Picasso, Ernst, Chirico, Morandi, Frida Kahlo, Louise Bourgeois, Cavafy, Pessoa,… Les toiles, de format identique, présentent des intérieurs souvent dénudés, avec un point de vue frontal, une perspective en raccourci et des tons sourds en larges aplats. L’univers de chaque créateur est suggéré au moyen d’un subtil réseau d’allusions. La chambre de Chirico reprend la composition d’un Intérieur métaphysique, avec au centre un échafaudage chiriquien librement réinterprété, observé depuis la gauche par André Breton dont le visage se découpe dans le cadre d’une fenêtre (élément qui provient, lui, d’une toile de Max Ernst, la Vierge corrigeant l’enfant Jésus). La peinture se fait recueillement, cosa mentale, et si chaque toile retient l’attention, leur réunion dans une salle décuple leur pouvoir d’évocation.


La chambre de Frida Kahlo


dimanche 30 juillet 2006 | Chambres,Pérégrinations | Aucun commentaire


Typo des villes (1)




Lisbonne


samedi 29 juillet 2006 | Typomanie | Aucun commentaire


À l’affiche


Lisbonne, juillet 2006


samedi 29 juillet 2006 | Pérégrinations | Aucun commentaire


Chambres


Lisbonne, Hôtel Borges, juillet 2006


Louvain-la-Neuve, juillet 2006


samedi 29 juillet 2006 | Chambres | Aucun commentaire


Pêle-mêle

Le soir, Clarisse couchée, sagement, avec un roman de M. Jules Mary pour m’attendre, je descends à minuit porter mes lettres à la poste. Vieille habitude : lorsque je ne suis pas sorti de la soirée, je vais entre minuit et une heure porter mes lettres à la poste, même lorsque je n’ai pas écrit de lettres. À cette heure-là, il me vient généralement quelques idées, je les note sur des bouts de papier en rentrant, et, le lendemain, j’égare les bouts de papier ; c’est ce que j’appelle ma méthode de travail.

*

Les goûts de Franz en ameublement se subordonnent nettement à une douce manie qui lui est chère, comme tous les bons esprits d’ailleurs : la manie de l’encombrement.
Franz ne l’avouerait peut-être pas, et il aurait tort, car l’encombrement procure à ses fervents des joies pures entre toutes. Ne pouvoir se procurer d’allumettes qu’en déplaçant deux tables, un fauteuil, trois vases, des gravures, une douzaine de livres d’amis, pas coupés (je parle des livres), jamais les profanes ne sauront jouir de cette âpre volupté ; n’atteindre son carnet d’adresses, dont on a si grand besoin tout de suite, qu’en faisant glisser sur le cartonnier les piles de journaux qui cachaient la machine à cigarettes, jamais les enragés de classification – âmes de philatélistes – ne comprendront ce que cela peut avoir d’ineffablement intime. L’encombrement ! Je n’ai pas dit le désordre ! Savoir où sont les choses, mais qu’elles gîtent en des endroits compliqués !

Jean de Tinan, Maîtresse d’esthètes (1897).


lundi 24 juillet 2006 | Grappilles | Aucun commentaire


Envoi


Dédicace de Musidora à Breton
(source : catalogue de la vente André Breton, avril 2003)


mardi 11 juillet 2006 | Grappilles | Aucun commentaire